Quel psy choisir?

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Quel psy choisir?

Article rédigé par
Anne-Françoise Meulemans
De ce point de vue rien n’a changé. Il n’y a pas une thérapie qui est la bonne, une approche unique qui serait reconnue officiellement.

Actuellement, on essaye, et l’objectif est heureux, de pouvoir objectiver les résultats d’une psychothérapie. La chose est difficile et les contraintes de l’étude scientifique ne font pas toujours bon ménage avec la diversité des problématiques et la non reproductibilité de l’expérience. Il y a un besoin d’amener de la clarté dans toutes ces approches thérapeutiques, et bien qu’il n’y ait pas une approche meilleure que les autres en toutes circonstances, toute chose n’est pas égale. Le bon peut côtoyer le pire. Un bon thérapeute ou un gourou, où est la limite ?

Rien ne pourra être catégorisé de manière définitive, mais la démarche de clarification est obligatoire, afin de tendre vers un maximum de rigueur, de transparence, et d’éviter les méfaits de thérapeutes autoproclamés, en quête d’auto guérison au travers de leurs clients.

Une étude a tenté de comparer des approches thérapeutiques avec des thérapies placebo. On propose, comme thérapeute, des professeurs connus pour leur écoute, leur bienveillance et leur empathie. Cette étude n’a pas montré de différence entre les groupes avec ‘véritables’ thérapeutes et ceux avec les ‘faux���.

Cela voudrait-il dire que toute approche est grosso modo semblable et que ce serait la personnalité du thérapeute qui ferait toute la différence ? On en est loin car l’étude faite ne montre pas assez de spécificité dans l’approche scientifique. Les cas n’ont pas été choisis en fonction de leurs problématiques, et les techniques n’ont pas été choisies en fonction de ces cas.

On voit bien là qu’il y a encore beaucoup à étudier, et à comparer dans le domaine des psychothérapies.

Les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, mais les psys non plus. D’avoir fréquenté diverses écoles, enseignants, et étudiants, il y règne souvent un esprit de clocher, une ignorance des autres approches, si ce n’est du mépris, vis-à-vis des autres techniques.

Heureusement tout cela est en train de changer, on voit des psychanalystes s’intéresser à la systémique, et vice-versa, des comportementalistes s’ouvrant à des approches plus corporelles, voire à la psychanalyse. Souvent dans son cursus, le thérapeute se forme à des approches très diversifiées, témoignant de son ouverture, et de sa curiosité. Certains dinosaures pourront le taxer de touche-à-tout, et peut-être même de traitre. Mais il y en a de moins en moins, des dinosaures, et les fanatismes psychologiques ont l’air de se dissoudre à force de vains débats, et de guerres de clochers.

La question revient, toujours pareille : Comment choisir son thérapeute ? En lisant des bouquins, en s’informant sur les techniques, sur les thérapeutes de la région ?

N’oublions pas que, plus que la technique, bien souvent la personnalité, la sensibilité et l’intelligence du psychothérapeute, semble être une constante dans la réussite d’une psychothérapie.

L’information passe aussi par la formation des prescripteurs, les médecins, assistants sociaux, et autres, très souvent non renseignés sur les différentes techniques. On envoie son patient chez tel psy, par habitude. Pourrait-on imaginer de prescrire tel antibiotique, parce qu’il aurait bon goût, parce qu’il a l’air bien, parce qu’il aurait guéri un tel. On crierait au scandale ! Et pourtant, dans le cas des psychothérapies, il règne une douloureuse ignorance. Combien de démarches n’auront pas avorté, voire découragé de clients ? ‘J’ai déjà essayé une psychothérapie, mais ça n’a servi à rien. A quoi bon, alors ?’

Une solution pourrait être un service d’orientation où le client serait impliqué. Dans les centres de guidance, on discute d’un ‘cas’ et on voit quel thérapeute désire s’en occuper. Dans une consultation d’orientation, le client serait informé, l’information serait plus circulaire du client vers le conseiller et du conseiller vers le client. Il y aurait un aller-retour entre l’expression de ses besoins, ses attentes, de son histoire et les diverses approches. La solution n’est pas miraculeuse, mais on peut aisément imaginer qu’avec un tel éclairage, les chances de réussite en sont fortement augmentées.

Ne rejetons ni le curé, ni le tenancier du bistrot, et encore moins l’ami, le compagnon d’infortune. N’évoquons pas le ‘psy’, au moindre chagrin, à la moindre crise. Très souvent, on peut se passer d’eux. Ce ne sont jamais que des psys !

Mais lorsqu’on en a besoin, que l’ami se décourage, que l’on use son couple à force de demander de l’aide, donnons-nous les moyens de trouver la bonne personne qui nous accompagnera sur notre chemin d’émancipation, et qui nous permettra de nous construire grâce à nos blessures.

Lectures conseillées :

‘Traité de psychothérapie comparée’: Duruz et Gennart Ed : médecine et Hygiène

‘A quel psy se vouer ?’ : Mony Elkaim

‘Placebo Effects Understanding the mechanisms in health and disease’: Fabrizio Benedetti