Le TDA/H késako ?

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Le TDA/H késako ?

Article rédigé par
Pauline Berteau

TD.. quoi ?

Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité est considéré comme un désordre neurologique et non pas comme une maladie. Il est essentiellement d'origine génétique et donc souvent héréditaire. Le TDAH entraîne une inconsistance au niveau de l'attention auxquels s’ajoutent des problèmes d'hypersensibilité, des fluctuations d’énergie, des émotions et de l'humeur, ainsi que des difficultés d'organisation. De plus, il peut s’associer à de l’hyperactivité et/ou de l'impulsivité. Je ne vais pas aborder la quarantaine de symptômes dans cet article mais certains d’entre eux seront donnés à titre d’exemples.

TDA/H nouveau trouble à la mode ?

On entend souvent parler du TDA/H comme un trouble à la mode ou une bonne excuse pour expliquer les comportements difficiles des enfants. Bien qu’il soit abordé de plus en plus fréquemment de nos jours, sa présence ne date pas d’hier et n’est certainement pas un coup marketing. La raison pour laquelle il est souvent abordé est la mise en oeuvre récente de nouvelles recherches scientifiques permettant d’adopter un nouveau regard sur ses spécifictiés ainsi que sur les options de traitement.

Qui dit TDA/H dit hyperactivité ?

Une des idées préconçues sur le TDA/H est qu’il est systématiquement associé à de l’hyperactivité. Bien qu’il y ait un H dans l’acronyme, celui-ci est précédé d’un « / » pour mettre en évidence le fait qu’il peut être présent mais n’est pas systématique. Un trouble déficitaire de l’attention (TDA) existe sans être associé à de l’hyperactivité. Par contre une hyperactivité est nécessairement associée à un trouble de l’attention (TDAH).

Le TDA/H c’est pour les enfants !

Le TDA/H est souvent associé à tort à un trouble survenant uniquement chez l’enfant. Et bien non, contrairement aux idées reçus le TDA/H est bel et bien présent à l’âge adulte. En effet, les personnes diagnostiquées TDA/H lors de l’enfance possèdent un fonctionnement différent et celui-ci ne disparaît pas avec le temps. Bien que le diagnostic se pose généralement avant 12 ans, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui reçoivent le diagnostic à l’âge adulte. Une des raisons expliquant ce sous-diagnostic est que nous ne parlons pas du TDA/H à l’heure actuelle comme il y a une vingtaine voire même dizaine d’années. Les personnes ne se reconnaissent pas dans un trouble qu’ils ne connaissent pas.

Une deuxième raison est que certaines personnes développent des stratégies de compensation de leur trouble et donc les symptômes passent inaperçus lors de l’évaluation. Par ailleurs, certaines personnes vivent dans le déni et ne souhaitent pas se faire évaluer lors de la prise de conscience de leur symptômes.
Maintenant que vous savez qu’il existe bel et bien à l’âge adulte, je souhaite mettre en évidence les spécificités de ce trouble à l’âge adulte. L’hyperactivité par exemple est plus présente de manière cognitive que motrice. Je m’explique, l’hyperactivité chez l’adulte est décrite comme un mode de pensée sans cesse, c’est un flux d’idées qui semble sans fin. C’est extrêmement épuisant pour la personne qui en fait l’expérience. Une autre caractéristique de ce trouble concerne l’intérêt pour la nouveauté. Si la routine est ennuyante pour vous, elle est d’autant plus pour une personne TDA/H. Cette dernière a sans cesse de nouvelles idées, de nouveaux objectifs. Ce sont des personnes qui s’investissent dans plusieurs projets en même temps. Il n’est pas rare pour un patient présentant un TDA/H de chercher à se reconvertir sur le plan professionnel.

Qui dit TDA/H dit rilatine ?

Non, le TDA/H ne se soigne pas uniquement à l’aide de médicaments comme la rilatine. Bien que celle-ci soit souvent connotée négativement, sachez qu’elle est utile mais n’est pas indispensable lorsque l’on présente un TDA/H. Certains patients y ont recours afin de les aider à gérer leurs troubles de la concentration lors de tâches qui demandent un effort mental important. La rilatine est souvent utilisée comme un traitement dit de confort. C’est souvent le cas chez des étudiants qui ont reçu le diagnostic. En effet, la plupart d’entre eux en prennent uniquement en période d’examen pour faciliter leur concentration et diminuer le risque de distractions. Cela leur permet de passer plus de temps sur une étude productive au lieu d’être sans cesse entrain de changer de tâche, d’être distrait par la moindre bruit ou idée parasite.

La rilatine est souvent perçue comme un danger car chaque année les médias abordent la question de l’utilisation dangereuse de ce médicament par des étudiants qui prennent quelques cachets appartenant à leur frère ou leur sœur souffrant d’un TDA/H. Oui, son utilisation est dangereuse quand la personne qui l’utilise n’en a pas réellement besoin car les substances chimiques présentes dans le cerveau et permettant la transmission des informations en sont affectées. Mais son efficacité est à présent bien reconnue pour les personnes souffrant de TDA/H.

Le diagnostic et puis quoi ?

En parallèle à la médication qui comme je vous l’ai dit n’est pas indispensable, il existe plusieurs méthodes d’aide. Premièrement, il y a les thérapies psychologiques qui permettent un accompagnement face aux difficultés rencontrées (faible estime de soi, difficultés relationnelles, questionnement, …). Deuxièmement, il y a les rééducations neuropsychologiques qui consistent en la réalisation d’exercices cognitifs permettant d’améliorer les fonctions attentionnelles et la gestion de l’hyperactivité et de l’impulsivité. Ensuite, il y a le coaching qui permet de fournir des stratégies de compensation des troubles et de mettre en place des aménagements pour l’organisation et la planification, la gestion de l’espace et du temps, … Ces méthodes d’aide sont bien sûr complémentaires et leur mise en place dépendent des besoins de chacun.

Comme le crayon blanc sur l'image, l'enfant TDA/H sort du lot et est souvent pointé du doigt mais ne pouvons nous pas simplement tenter de le comprendre et de souligner ses forces car bien qu'il soit différent il reste un crayon tout comme l'enfant TDA/H reste un enfant.

Plus d’informations sur le TDA/H et ses spécificités

Des conférences traitant du TDA/H, du diagnostic et de le prise en charge seront organisées prochainement à destination des personnes souffrant de TDA/H, des parents et des enseignants. Les points abordés dans cet article y seront détaillés plus amplement. Si vous souhaitez être tenus informés des détails pratiques de ces conférences, vous pouvez me contacter par mail paulineberteau@gmail.com