La transition...du rôle à l'apparence.

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La transition...du rôle à l'apparence.

Article rédigé par
Sira Inchusta Carrillo
Notre identité vit un milliard de transitions.

Dans le développement de sa sexualité, son apparence et ses relations sociales et interpersonnelles, chaque individu se présente de mille et une façons différentes, toujours en suivant (ou pas) des normes établies auxquelles on peut accrocher (ou pas) pour nous faire connaître et « re-connaître ». Lors de ce voyage social et identitaire, nous formons notre personnalité, nos opinions vis-à-vis du monde et développons notre être dans toute son essence.

Cependant, nous suivons, dans la plupart de cas, des normes établies, des systèmes avec lesquels nous nous sentons confortables et qui nous apportent un certain sentiment d’appartenance. Ainsi, pour une partie de la population, qui commence à prendre de plus en plus d’espace dans la vie sociale, ce conformisme, dont ont besoin certains d'entre nous, « clache » directement avec leur réalité. Plus simplement : ils/elles ne peuvent accepter un système d’identité sociale qui ne leur appartient pas/plus.

Et voici comment commence ce voyage, cette « aventure » à la recherche d’une identité. L’identité est un grand mot pour définir l’être, la base plus centrale de notre existence. Nous sommes tou(te)s des êtres, des êtres humains. Nos identités nous permettent de créer diversification et diversité dans notre cercle social. Pour cela, nous regardons autour de nous à la recherche de guidance et d' exemples qui nous aident à nous construire. Tout comme un architecte regarde d’autres bâtiments avant d’édifier le sien!
Nos identités commencent leur construction de façon inconsciente. Et, puisque nous avons tendance à chercher et trouver des « voies à suivre », des exemples au quotidien qui rentre dans une « normalité » consensuelle, nos identités n’ont pas à venir explicitement au conscient avant notre adolescence (même si cela arrive de plus en plus).

Néanmoins, celle-ci n’est pas la réalité des personnes trans*. Pour celles-ci, ce que nous (personnes cisgenres) entendons comme « commun », reste une imposition, aussi futile que frustrante, et ambiguë. C’est une bataille entre l’externe et l’interne, entre conventionnalismes et nouvelles routes.
L'identité n'attendra pas que la société change pour se développer. Elle continue son chemin avec plus de plus de failles, plus de difficultés, mais sans s’arrêter. Quand nous comprendrons le voyage identitaire dans une dynamique qui sort du binaire (homme-femme), le chemin deviendra plus abordable. L’angoisse qui suit ce chemin, parfois douloureux, à la recherche de son identité, n'est que la conséquence de vouloir suivre la norme.

Lors des séances, des échanges et conversations avec des personnes trans*, nous découvrons une nouvelle 'vieille façon' de voir le monde : nouvelle pour notre société présent mais ancienne en regard des formes de pensée présentes dans l’histoire ancestrale de l’humanité.
Rien de nouveau, en vérité,mais une reformulation de l’identité.

Pour cela, il est très important d’accueillir la souffrance de l’autre dans la supposition de l’être, et ne pas accueillir cet homme, cette femme, cette personne non binaire dans leur identité sexuée. Car, en faisant ça, nous restons dans la surface de l’écoute, empêchant l’échange. De plus, nous effaçons la personne, l’être qui derrière cette étiquette, existe en identitaire polyforme, diverse et complexe.

Car, finalement, dans notre inconscient, il n’y a pas de genre.