Premiers pas pour gérer l'émotion

 

Premiers pas pour gérer l'émotion

Publié le 15/04/2020
Article rédigé par
Christelle Hambersin

En cette période de quarantaine, nos dimensions émotionnelles sont soumises à rude épreuve!

Une équipe de chercheurs du King's College, à Londres, a réalisé une recherche afin d’identifier les conséquences psychologiques du confinement. Sans surprise : symptômes de stress post-traumatique, anxiété, dépression, confusion, peur, colère, insomnie, abus de drogues ou de médicaments.

Or, face au covid 19, le stress est une réaction relativement adaptée, car suite à un danger pathogène qui menace notre intégrité physique et aux changements de nos habitudes, notre cerveau se met en état de vigilance. Donc, ce danger crée du stress qui engendre des peurs : puis- je sortir sans danger? Vais-je retrouver mon travail? Ma famille est elle en sécurité?

La difficulté arrive quand le stress s’installe et que la pression perdure, car le stress, si on le «laisse sans surveillance», va engendrer des émotions telles que la peur, l’anxiété, l’état dépressif, etc. Et ce stress s’exprime par le corps: une boule dans le ventre, des tensions musculaires, un mal de tête, etc. En état de stress, nous n’avons plus toutes nos capacités de réflexion, et nous entrons dans le «cerveau du stress», qui va générer une série de réactions instinctives de survie.

  • La 1ère réaction : fuir afin de ne pas ressentir en utilisant divers comportements d'évitements de l’émotion (comme  la nourriture, les réseaux sociaux, l’alcool, etc.)
  • La 2ème réaction : la lutte. En vouloir aux autres, ne plus rien supporter, se décharger sur une cible, etc.
  • La 3ème réaction : se figer. Je me replie sur moi, j’attends que l’orage passe, je déprime.

La partie limbique de notre cerveau nous amène, quant à elle, à des comportements grégaires de domination-soumission : voler les masques (ou, au niveau macro, des états qui se disputent la propriété des masques!) Mais ces comportements ne règlent rien et l’émotion revient, parfois plus intense, quand j’arrête d’être en réaction.

Et c’est là qu'apprendre les bases de l’intelligence émotionnelle va nous être très utile : comprendre comment je fonctionne à l’intérieur afin de mieux fonctionner à l’extérieur. Devenir intelligent avec nos émotions afin de devenir responsable de nous même et de choisir nos actions.

Comment faire ? 

Chaque émotion est porteuse d’un message. Par exemple, la colère nous apprend à nous faire respecter, à poser ses limites. La peur nous parle du besoin de nous mettre en sécurité, etc.

Nous allons nous poser plusieurs questions:

  1. Qu’est-ce que je ressens en ce moment? Quelle émotion est présente en moi et comment je la ressens dans mon corps?
  2. Si cette émotion qui m’habité était porteuse d’un message, quel serait ce message? Qu’est-ce qu’elle m’invite à faire ou à être? Par exemple: la colère peut m’indiquer que j’ai besoin de me retirer seul provisoirement dans mon territoire personnel.
  3. Quel est le besoin présent derrière ce message? Exemple: la lassitude m’indique que j’ai besoin de renouer des contacts sociaux ; l’agacement m’indique que j’ai besoin de silence et de calme dans ma maison, etc.
  4. Quelle est l’action concrète que je peux poser afin de répondre à mon besoin?

A cet égard, il est essentiel d’assumer la responsabilité de nos émotions, car elles parlent de nos besoins profonds et de la façon dont nous interprétons un événement. Tout en sachant qu’il n’est pas toujours possible de répondre comme nous le voudrions à un besoin! A partir de là, on peut trouver la solution en soi à nos difficultés et reprendre le contrôle de sa vie! Car nos émotions touchent également nos valeurs.

C’est ici qu’arrive la notion d’acceptation : accepter une émotion, c’est me relier à une valeur fondamentale pour moi, à celle qui me relie à la vie et me met en mouvement. Nous avons alors le choix de nous engager dans un comportement reliant : me relier à moi, aux autres et à tout être vivant, à la vie! En choisissant des comportements respectueux de ma santé et de celle de mon environnement!

Et c’est ce que je vous souhaite, dans cette reliance à la vie!